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REGISTRES DU BUREAU
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[i562]
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à Sainct Victor, et communiquoient lesd, seigneurs souvent ensemble, et feirent mettre quelque piece d'artillerye sur des plattes formes'", assavoir, derriere les Chartreulx, l'autre près du mouHin à vent de Capiaulx, l'autre sur le pavé près du moullin hors des faulxbourgs Sainct Marceau, et en d'autres lieux dedans des vignes assez près dud. moullin, regardant vers Gentilly, sur le boullevert estans hors les faulxbourgs Sainct Jacques et sur le moulin de Sainct Germain des Predz.
L'armée des huguenotz devant Corbueil. L'armée des rebelles huguenotz marchoict tousjours devers Paris, et au partir d'Estampes, ilz se délibérèrent de prendre Corbueil'2', mais l'on y avoict fort bien pourveu, car monsr de Pavan, cappitaine et bon chevallier, y estoict entré avecq ses gens qui feirent fort bien leur debvoir de la garder, tellement que lesd, rebelles feurent plus de huict jours devant led. Corbueil sans y pouvoir riens faire; le prince et l'admirai logez à Essonne'3', et faisoient leur magazin au plus prochain villaige dud. Corbueil, nomméEverysur Seyne '4'; noz Suisses'5' estoient de l'autre costé dela riviere qui liraient sur eulx, et les empescheoient de passer. Quant ilz veirent qu'ilz perdoient temps devant Corbueil et qu'on avoit si bien résisté à leur dampnablc entreprinse, levèrent
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leur camp'6' et allerent loger à Gevisy sur Orge, et es vil la iges de Chastillon, Atis, Mons, Abblon, Villeneufve le Roy, Orly, Le Thiers'7', Vittry et autres villaiges venans à Paris, lesquelz ilz ont tous pillez et saccagez, principallement les esglises. Pandant ce temps Mess™ de la ville de Paris feirent abattre les pontz de Sainct Cloud et de Poissy, et y fut mis gardes.
Garde au pont de Charenton.
Pareillement au pond de Charenton estoient les habitans du lieu en armes pour la garde d'icelluy par ordonnance de lad. Ville, pour la garde duquel pont lad. Ville auroict auparavant faict faire les repparations et fortiffications necessaires. Ce pendant il y eust quelques ungs des leur qui vindrent vers la Royne estant au boys de Vincennes, et luy dict que le prince de Condé f a voy t envoyé vers elle, pour prier le Roy et elle de ordonner à monsr le Connestable de parler aud. prince, pour regarder s'il y avoict moyen de remedier aux troubles et esmotions de guerre qu'on voyoict de jour en jour continuer en ce royaulme '8'; le Roy le manda à monsieur le Connestable qu'il n'en feist pas grant conte, voyant qu'il s'estoicl. tant faict d'allées et venues qui n'avoient de riens servy, mais la Royne et le feu Roy de Navarre qui avoient faict tout ce qu'il estoict possible pour les accorder, voyans que lesd, huguenotz perseverans
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des huguenots qui se vengèrent en le déchirant dans des sonnets. Philibert de Marsilly mourut de la pierre le 8 septembre 1565. (Voir la notice consacrée à ce personnage dans les additions aux Mémoires de Michel de Castelnau, t. T, p. 5o8.)
O Dès le 23 mai, l'artillerie royale, composée de 2 5 pièces, avait été emmenée de l'arsenal et installée sur la plate-forme établie en dehors du faubourg Saint-Jacques. M. de Vieilleville fait observer dans ses Mémoires, p. 321, que les faubourgs étaient retranchés ct bien gardés, et que sur quelques plates-formes quatre ou cinq couleuvrines tenaient l'ennemi à distance..
(2) Vers le milieu du mois de novembre, Corbeil fut investi par le prince de Condé qui chercha tout d'abord à gagner le capitaine chargé de défendre la place. Charles des Couttes, sr de Pavans, chevalier de l'Ordre, lieutenant de la compagnie du duc de Lorraine, repoussa "les offres fort avantageuses et opulentes*, qui lui furent faites, et le prince n'eut d'autre ressource que d'assiéger la ville, mais il trouva, dit Claude Haton (Mémoires, t. I, p. 302, 3o3), "aultres murailles et forteresses qu'à Pluviers». S'il faut en croire le mème chroniqueur, le prince de Condé, en présence de cette résislance à laquelle il était loin de s'attendre, entama personnellement des pourparlers avec le sr do Pavans, qui lui répondit qu'avant d'avoir la ville de Corbeil, -fauldroit qu'il eust la vie de luy et de plus de cinq cens nobles gentilzhommes guerriers, tous feaux et loyaux serviteurs du Roy». En désespoir de cause le chef de l'armée huguenote fit canonner Corbeil pendant huit jours et ne réussit qu'à perdre 2 ou 3oo hommes et l'un de ses meilleurs capitaines, le s'de Bricquemaut, tué d'un coup de fauconneau, sans compter Robert Stuart et Antoine d'Alegre de Millaud qui furent blessés; aussi le 22 novembre, le prince de Condé prit le parti de lever le siège et se dirigea du côté de Paris.
'3) Essonnes (Seine-el-Oise), arrondissement et canton de Corbeil.
'"' Evry-sur-Seine (Seine-et-Oise), arrondissement et canton de Corbeil.
(5) Une dépêche de Catherine de Médicis à M. de Tavannes, en date du 17 novembre, lui annonçait Injonction des Suisses avec le maréchal de Saint-André qui était venu à leur rencontre jusqu'à Melun ; les Suisses étaient sous les ordres de Guillaume Frœhlich, que Brantome (t. VI, p. 46) appelle «le bonhomme Couronnel Furly», mort à Paris le 4 décembre 1562 et enterré dans le chœur de l'église des Cordeliers. (Lettres de Catherine de Médicis, t. 1, p. 435.)
'-) Le 23 novembre, les huguenots vinrent courir jusqu'à Villejuif, et le lendemain une troupe de cavaliers sortit de Paris pour aller escarmoucher avec les huguenots qui tenaient la campagne vers Juvisy (Cf. Journal de l'année 1562, p. 200, en ce qui concerne les excès commis autour de Paris).
") ll s'agit de Thiais (Seine), arrondissement de Sceaux, canton de Villejuif.
(8) Le Journalde l'année >56a, p. 200-203, rend compte jour par jour des négociations entre le prince de Condé et la Reine-
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